Ça y est. Ça devait bien arriver un jour, je n’allais pas les garder jusqu’à leurs 40ans… Mais on est jamais prêts. Leur maman m’a annoncé qu’ils n’auraient pas besoin de moi l’année prochaine. J’aime pas les fins. J’aurai aimé qu’ils me gardent encore, même à mi temps, tantpis pour les sous, je serais restée pour eux. Mais non. Plus qu’un mois et demi et il faudra dire au revoir.

Au revoir à 4 ans de ma vie dans cette famille.

Au revoir mes trois marmots. Vous qui ne savez rien encore de ce chamboulement dans nos vies.

Au revoir grande chipie, toi qui avait tout juste 4 ans. Tu es maintenant si intéressante et curieuse de tout, tu sais lire et écrire.

Au revoir petite sage, toi qui avait deuzan quand je t’ai rencontré. Tu gardes en grandissant ce cœur rempli de générosité, tellement étonnant pour une enfant. Qui va prendre le temps de vous écouter autant que moi maintenant?

Au revoir mon bébé lapin. Tu es mon premier bébé. Depuis tes six mois, on a passé presque plus de temps ensemble qu’avec qui que ce soit d’autre. Longtemps je t’ai levé le matin, et couché le soir. Durant ces quatre ans tu as comblé mon manque d’enfant. Tu m’as aidé à supporter l’enfer de l’infertilité à grand coup de câlins et de sourires. J’avais besoin de toi autant que tu avais besoin de moi et ça me faisait mettre un pied devant l’autre. Puis tu as vu mon ventre s’arrondir et de vrais sourires revenir sur mon visage.  Je t’ai tant de fois nourrit, lavé, porté, bercé, consolé… Je t’ai élevé. Je t’ai aimé. C’est moi qui te laissait mettre les déguisements de tes sœurs alors que tu n’en avais pas le droit. C’était moi qui était là pour toute tes premières fois. C’est moi qui aie pleuré pour ton entrée à l’école. Tu as fait tes premiers pas sous mes encouragements et ma fierté de te voir grandir. Pour ton premier anniversaire tu n’as vu aucun de tes parents, mais je t’ai fait un gâteau et tu a soufflé tes bougies. D’autres anniversaire ont suivis. Ta main dans la mienne a pris de plus en plus de place, comme toi dans mon cœur. Tu as bien grandis. Il paraît que tu n’as plus besoin de moi maintenant. 

Au revoir les rires, les jeux, les chatouilles, la peinture, les maquillages de princesses et les confitures de figues…

A quoi va ressembler ma vie sans vous?

Bien sûr d’autres enfants suivront, mais ils ne seront pas vous. 

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